Amitié franco-serbe

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"Procès" de Radovan Karadzic au TPI (maj 1)

Cet article sera remis à jour régulièrement.


La Haye : Radovan Karadzic clame son innocence

Radovan Karadzic, ancien chef politique des Serbes de Bosnie, a clamé son innocence, hier, à la Haye dès la reprise de son procès pour crimes de guerre devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. L'accusé rejette les onze chefs d'inculpation retenus contre lui, dont deux pour génocide, pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995. "Ce que je vais présenter ici est la vérité inscrite dans le marbre", a-t-il affirmé à l'ouverture de l'audience, soulignant que les conflits qui ont ravagés les Balkans dans les années 90 étaient la conséquence inéluctable de l'éclatement de la Yougoslavie.

Source : quotidien régional Ouest-France, 2 mars 2010


Karadzic se défend sur Srebrenica et Sarajevo

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a qualifié de "mythe", hier, à son procès, le massacre de Srebrenica. il a également affirmé que des bombardements du siège de Sarajevo avaient été "mis en scène" par les musulmans de Bosnie. Le procès, qui devait se poursuivre aujourd'hui, avec l'audition du premier témoin à charge, a été ajourné sine die pour des raisons de procédure par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye

Source : quotidien régional Ouest-France, 3 mars 2010

SARAJEVO, 2 mars - RIA Novosti

L'ex-président de la République des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a déclaré mardi au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) que dans le conflit de 1992-1995, les Serbes défendaient leurs propres territoires et étaient prêts à les sacrifier à la paix, lit-on sur le site du TPIY.

"Nous aurions pu occuper toute la Bosnie-Herzégovine. Néanmoins, nous n'avons jamais dépassé les limites de nos territoires ethniques. A l'intérieur de ses territoires, le peuple armé ne voulait que se protéger contre un massacre", a affirmé M.Karadzic.

Et d'ajouter que les Serbes de Bosnie "étaient prêts à sacrifier à la paix leurs territoires ancestraux ".

Accusé de génocide, de crimes de guerre et contre l'humanité, M.Karadzic, 64 ans, qui se défend seul, a rejeté la responsabilité du conflit sur les Musulmans et les Croates de Bosnie qui voulaient déclarer leur indépendance vis-à-vis de la fédération yougoslave, ainsi sur le chef des Musulmans de Bosnie Alija Izetbegovic.

Radovan Karadzic a été arrêté le 21 juillet 2008 à Belgrade et extradé vers La Haye 9 jours plus tard. Au total, 11 chefs d'accusation ont été retenus contre lui.

Le procès avait commencé le 29 octobre 2009, mais a été interrompu le 2 novembre, l'accusé ayant boycotté l'audience, au motif qu'il n'avait pas eu assez de temps pour préparer sa défense.

Selon les porte-parole du tribunal de La Haye, le procès qui a repris lundi 1er mars pourrait durer deux à trois ans.



Courrier des balkans, 4 mars 2010

Le procès de Radovan Karadžić est à nouveau ajourné. Le Président du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, le juge O-Gon a annoncé le report du procès sans fixer de date de reprise, au grand dam des témoins venus spécialement à la Haye. L'accusé a tout de même pu faire sa déclaration préliminaire, niant le siège de Sarajevo et parlant du « mythe » de Srebrenica. Les actes d'accusations auxquels Radovan Karadžić doit répondre sont nombreux. L'accusé se défend avec enthousiasme, se faisant même passer pour une victime, se jouant ainsi du TPIY, mais surtout des victimes.
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Ratko Mladić et Radovan Karadžić pendant la guerre de Bosnie (1992-1995)

Le procès de Radovan Karadžić a de nouveau été reporté ce mardi par le juge O-Gon, président du tribunal, sans que l'on en connaisse la date de reprise. En ce second jour de procès, Karadžić a pu faire sa déclaration préliminaire, avant que l'audience ne soit ajournée. « Dans l'intérêt de la justice, le procès de Radovan Karadžić doit être suspendu le temps que la Chambre d'appel rende sa décision sur l'appel interjeté par M. Karadžić sur une première décision de la Chambre d'accusation de rejeter la demande de report déposée par l'accusé » a déclaré le juge O-Gon.

Les témoins qui venaient pour la deuxième fois à La Haye pour déposer se sont donc déplacés pour rien et devront revenir une nouvelle fois, une situation difficile pour laquelle le Tribunal a exprimé tous ses regrets. De son côté, Karadžić a pu achever sa déclaration préliminaire commencée la veille. La majeure partie de son propos a été consacrée à son inculpation pour les crimes concernant Sarajevo et Srebrenica. Il a répété que les actions entreprises par les forces Bosno-serbes, dont il était le commandant en chef, n'étaient qu'une réaction à ce que « la partie musulmane » faisait. Tout au long de son discours, il s'est ainsi toujours référé à la « partie musulmane » ou encore à « l'armée du SDA », en ne parlant jamais « d'Armée de Bosnie-Herzégovine ».

Le SDA, parti de l'action démocratique, était le parti des Bosniaques, dirigé par le Président d'alors de la Bosnie, Alija Izetbegović, et force dirigeante de la partie bosniaque du pays.

« Sarajevo n'était une ville assiégée »

« Sarajevo n'était pas une ville assiégée. Elle était séparée en deux parties avec une ligne de démarcation. Il n'y a jamais eu de siège », a déclaré Karadžić. Celui-ci est pourtant accusé par le Tribunal, entre autres, d'être à l'origine du siège de Sarajevo qui dura d'avril 1992 à novembre 1995, soit plus de 1000 jours.

L'accusation tentera de démontrer que Karadžić a participé à une entreprise criminelle, avec l'intention « d'établir et de mettre en œuvre une stratégie militaire visant à tuer des civils par des bombardements et des snipers, à blesser, mutiler et terroriser les habitants de Sarajevo ».

Dans sa déclaration, l'accusé a indiqué qu'en avril 1992, son appartement avait été mitraillé et que quelqu'un l'attendait pour le tuer ainsi que sa famille, mais « heureusement, nous étions à l'hôtel Holliday Inn, où le siège du SDS était installé ».

Karadžić a ajouté que dans la nuit du 5 avril 1992, « les bérets verts occupèrent tous les immeubles de Sarajevo avec des snipers qui tiraient sur les Serbes. Cela devenait horrible d'être serbe à Sarajevo ». Ces bérets verts étaient, selon Karadžić, les forces armées composées par « la partie musulmane » en Bosnie. Le 5 avril 1992, la guerre commença à Sarajevo. Pendant son discours introductif, Karadžić a insisté sur le fait que les Serbes de Bosnie étaient attaqués dans plusieurs parties du pays et qu'ils étaient dans l'incapacité de se défendre.

« La police ne nous protégeait pas, pire, elle était contre nous. Et la JNA était trop occupée ailleurs », a-t-il souligné, justifiant par ailleurs la profusion d'armes légères chez les Serbes par la doctrine d'auto-défense civile de Tito.

Karadžić a rappelé que la Bosnie était séparée par une ligne de démarcation tracée par les citoyens. « Les gens ont dû s'échapper vers les zones frontalières pour fuir les massacres », a-t-il dit, en montrant une carte qui, d'après lui, décrivait la situation en Bosnie-Herzégovine, et montrant des « territoires ethnicisés ».

« L'idée était de diviser la Bosnie en trois unités selon le modèle suisse », a-t-il expliqué plus tard, ajoutant que toutes les parties au conflit étaient d'accord avec ce modèle. Pour Sarajevo, il avait suggéré un « modèle de type Bruxelles, avec 17 municipalités, et pas une seule n'est mixte...ainsi les gens des Balkans pourront prétendre qu'ils vivent dans un melting-pot ».

« Pendant un an, les Serbes ont été terrorisés dans Sarajevo »

Debout devant sa carte de Sarajevo dans la salle d'audience, il reprit : « voici ma ville, dans laquelle j'ai vécu 50 ans », expliquant qu'elle était une ville serbe, et que quand la guerre a éclaté, les Serbes ne sont parvenus à protéger que les parties de la ville majoritairement serbes. Selon Karadžić, il s'agissait en particulier du quartier central de Grbavica.

« Nous ne sommes pas parvenus à conserver Pofalici, une autre partie serbe, et plus de 250 Serbes furent tués. La maison de Mladić se trouve là-bas. Heureusement, sa famille a pu s'enfuir à temps, mais sa maison a été complètement détruite ».

Karadžić a rappelé que les Serbes ne faisaient que protéger leur ville et que leurs cibles n'étaient que des cibles militaires parce que « des forces trois fois supérieures aux nôtres nous encerclaient ».

Selon l'acte d'accusation, Karadžić était au cœur d'une entreprise criminelle dont le but était la « persécution, sur des bases politiques et/ou religieuses des Musulmans de Bosnie, ou des Croates de Bosnie » à Banja Luka, Bijeljina, Bosanski Novi, Bratunac, Brčko, Foča, Hadzici, Ilidža, Ključ, Novi Grad, Novo Sarajevo, Pale, Prijedor, Rogatica, Sanski Most, Sokolac, Višegrad, Vlasenica, Vogosca and Zvornik,ainsi « la persécution des Bosniaques de Srebrenica ».

« Il est responsable des actes d'extermination et de meurtre qui étaient au service d'un unique objectif, chasser définitivement les Bosniaques et Croates de Bosnie des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie », poursuit l'acte d'accusation.

Dans sa déclaration, Karadžić a nié qu'il existât un tel plan d'expulsions massives de populations. « Si les Musulmans vivaient dans des endroits qui appartenaient aux Serbes, ou aux Croates, comme dans la région de Prijedor, le plan prévoyait de former des cantons », a-t-il souligné. Il a également cité d'autres villes mentionnées dans l'acte d'accusation où des non-Serbes ont été tués, ajoutant que la différence entre un Musulman qui était tué et un non-Musulman qui était tué, était que le premier avait une arme. Il a par ailleurs regretté que Višegrad ne fasse pas partie de l'acte d'accusation. « Malheureusement, pendant un an dans cette ville, les Serbes ont été terrorisés, les femmes et les jeunes filles violées parce qu'elles étaient serbes ».

Selon Radovan Karadžić, il n'y a pas eu de déportation de Bosniaques, seulement de Serbes

Selon différents verdicts rendus par le TPIY, Višegrad a été la ville de la Bosnie orientale d'où le plus grand nombre de Bosniaques ont été expulsés dans les deux premiers mois de la guerre. Des témoins aux procès de Milan et Sredoje Lukić, des seigneurs de guerre de Višegrad, ont longuement évoqué les viols de femmes et jeunes filles bosniaques. Pourtant, l'accusation a préféré ne pas inclure Višegrad dans la liste afin d'éviter d'alourdir le procès.

Karadžić a démenti les accusations de déportations forcées, indiquant au contraire que ce sont les gens qui demandaient à partir, et qu'ils étaient tout à fait libres de le faire.

« Les Serbes s'enfuyaient comme ils pouvaient, alors que pour les Musulmans, nous organisions des services de transport à leur demande », a-t-il souligné.

Le Procureur a accusé Karadžić de génocide, commis dans 11 municipalités, y compris Srebrenica. Selon l'acte d'accusation, du 11 juillet au 1er novembre 1995, Karadžić a participé à une entreprise criminelle visant à « éliminer les Bosniaques de Srebrenica en tuant les hommes et les garçons, et en expulsant les femmes, jeunes enfants et les vieillards ».

Karadžić a rejeté cette accusation, disant que les forces serbes n'avaient fait que réagir aux attaques subies dans les villages alentour pendant des années, mais qu'elles n'avaient jamais eu l'intention d'entrer dans la ville. « Mais quand nos soldats sont arrivés, ils n'ont trouvé personne », a-t-il conclu.

Les Bosniaques construisent « un lieu de pèlerinage » à Potočari...


Évoquant Srebrenica, Karadžić a noté avec ironie qu'à Potočari, les Bosniaques construisent « un lieu de pèlerinage » et construisent des tombes et un monument sur lequel sont inscrits plus de 8.000 noms de personnes disparues à Srebrenica en juillet 1995. « Or, il y en a à peine plus de 2.000 aujourd'hui enterrées là-bas...et vous pouvez voir que partout en Bosnie on ouvre des tombes, on prend les dépouilles et on les amène à Srebrenica, uniquement pour faire gonfler les chiffres ».

« Nous avons été surpris de constater que quand nous avons trouvé les gens à Potočari, personne ne voulait retourner à Srebrenica...et nous avons dû organiser en urgence pour eux un service de transport pour leur permettre de partir et d'éviter des vengeances de part et d'autre. Aucun incident n'a eu lieu avant le 14 juillet 1995, sauf un seul, à Kravica, qui a toutefois été provoqué par un Musulman », a expliqué Karadžić. Selon plusieurs verdicts du TPIY, le 13 juillet 1995, environ 1.000 hommes et garçons furent tués dans un entrepôt de Kravica.

« Je suis sur le point d'établir la vérité sur Srebrenica, je n'ai pas peur de ce procès et je me prépare avec un grand enthousiasme », a finalement conclu Karadžić, avant de se plaindre du peu de temps qui lui était accordé pour préparer sa défense, ce qui met selon lui sa santé en jeu, compte tenu des jours et nuits passées à étudier toutes les pièces du dossier.



TPIY : la leçon numéro deux du professeur Karadžić

Traduit par Jacqueline Dérens
  Sur la Toile :
Publié dans la presse : 2 juin 2010
Mise en ligne : lundi 7 juin 2010 dans le Courrier des Balkans

L'audition des témoins continue au procès de Radovan Karadžić et celui-ci est remonté aux événements de la Seconde Guerre mondiale et au temps de la République socialiste fédérale de Yougoslavie. Il explique sa formation afin d'établir les causes de la guerre de Bosnie. Après des leçons de géographie, Karadžić enseigne l'histoire aux témoins.

Donia, un historien américain appelé comme témoin a confirmé ce que disait Karadžić à savoir que les partis nationalistes ont été formés avant la guerre ou avant les élections de 1990, bien que cela ait été interdit par la loi.

Karadžić a aussi affirmé que les résultats des premières élections démocratiques en Croatie gagnées par le HDZ, l'Union démocratique croate, était une raison pour les Serbes de Croatie de craindre pour leur survie. Donia n'a pas suivi complètement Karadžić sur cette voie.

Karadžić a dit au témoin qu'avant de devenir le dirigeant des Serbes de Bosnie, il avait été un militant actif dans le mouvement écologique de Bosnie.

Questionné sur la situation avant la guerre en Bosnie, Karadžić qui a fondé le parti SDS a répondu que la plupart des Serbes avaient voté pour son parti aux élections de 1990. Le témoin a rejeté cette thèse.

« De nombreux Serbes ont voté pour d'autres partis, les socialistes, les réformistes et vous vous êtes plaint de cette situation avant la guerre dans vos interviews », a répondu Donia

Sur 240 sièges au Parlement de Bosnie en lice pour cette élection, 86 avaient été gagnés par des partis à dominante serbe, dont 83 pour le SDS.

Dirigés par le SDS, les Serbes de Bosnie ont formé l'Assemblée des Serbes de Bosnie en octobre 1991, puis établi une entité séparatiste qui a pris un peu plus tard le nom de Republika Srpska. À peu près au même moment, le Parlement multiethnique de Bosnie a adopté une déclaration d'indépendance, une décision qui n'a pas reçu le soutien de nombreux Serbes de Bosnie.

De son box d'accusé, Karadžić a déclaré que cette déclaration d'indépendance violait la Constitution, mais Donia a répliqué qu'il ne ferait pas de commentaires sur cette déclaration

« Je vous ai dit que je n'étais pas un expert en droit constitutionnel. Ce que je peux dire, c'est que l'argument de la violation de la Constitution a été utilisée par tous les partis. Le même argument a été utilisé par les Croates de Bosnie et les Musulmans contre la mobilisation de septembre 1991 ».

« Ils ont utilisé cet argument sans consulter la cour constitutionnelle ni même des experts dans ce domaine. Vous essayez de faire la même chose avec moi et je ne veux pas de cela », a répondu Donia à Karadžić.

Les audiences continuent et se tiendront au rythme de quatre jours par semaine.



PAS DE DOCUMENTS POUR KARADZIC


   L'ex-président de la Republika Srpska Radovan Karadzic a accusé l'Allemagne de dissimuler des documents essentiels se rapportant à son procès pour crimes de guerre devant le Tribunal Pénal International de La Haye. Ces documents prouveraient que des Etats de L'OTAN se livraient à un trafic illégal d'armes en Bosnie entre 1992 et 1995, alors qu'était en vigueur l'embargo des Nations Unies. Après que le gouvernement allemand ait nié être en possession de ces documents, Karadzic a demandé à l'ambassade d'Allemagne aux Pays-Bas de faire un effort pour les retrouver. Dans sa lettre, il s'est référé à une déclaration de l'ex-ministre des télécommunications Christian Schwarz-Schilling qui a dit qu'il était "possible que ces documents contiennent des éléments compromettants comme, par exemple, des informations sur la contrebande d'armes en Bosnie-Herzégovine appuyée par la France et la Grande-Bretagne". Karadzic a réclamé huit catégories de documents : des rapports, des mémorendums, une correspondance et des notes du service fédéral du renseignement allemand (BND) concernant la livraison d'armes à la Bosnie, et particulièrement à Srebrenica en 1995. L'Allemagne n'est pas le seul pays à répondre négativement aux demandes de Karadzic. Certains ont déclaré qu'ils ne pouvaient pas les satisfaires car les preuves réclamées étaient des documents militaires de nature confidentielle.

Source : Ljubica Vujadinovic, HAEC, 30 juin 2010, repris par Balkans Infos n°157, septembre 2010




03/03/2010
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