Amitié franco-serbe

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L'arrestation ratée de Radovan

Source : Tribune de Genève 24 avril 1998

 

Washington met en cause la France pour une opération ratée en Bosnie. Un officier français aurait informé Karadzic des plans de l'Otan visant à l'arrêter. L'opération dut être annulée, renforçant les tensions franco-américaines. L'an dernier, les Américains et les autres forces de l'Otan avaient préparé une vaste opération pour arrêter l'ex-leader serbe de Bosnie, Radovan Karadzic, qui figure en tête de liste des criminels de guerre. Mais le raid aurait dû être suspendu lorsque le commandement américain apprenait qu'un officier français avait informé Karadzic des plans alliés lors de contacts secrets et répétés. Cette information, révélée hier par le Washington Post citant des «sources officielles» de haut rang sans préciser leurs noms, a fait monter la tension dans les relations d'ores et déjà orageuses entre Paris et Washington. Hier, le ministère français de la Défense a vigoureusement contesté que ces «contacts» entre le leader serbe de Bosnie et le major Hervé Gourmelon aient compromis l'opération. Paris a surtout souligné que l'officier, sans citer son nom, avait établi ces contacts avec Karadzic de sa propre initiative et fut transféré en France dès que ses agissements devinrent connus. Affaire donc close. Mais pour Washington, le cas serait grave. Un haut fonctionnaire, cité par le Washington Post, affirme qu'«il n'y a plus de confiance» entre les forces armées françaises et américaines en Bosnie. Toute nouvelle collaboration en vue de l'arrestation de Karadzic serait désormais exclue. Le porte-parole de la Maison-Blanche a refusé hier de commenter ces informations touchant à des «activités opérationnelles. Si vous avez des questions, posez-les au gouvernement français», a-il ajouté. Washington doute, à en croire le Post, que le major Hervé Gourmelon ait opéré sans en avoir référé à ses supérieurs. Après que les services secrets américains, renseignés par un indicateur, ont pris connaissance des rencontres entre l'officier français et le leader serbe, Paris aurait, de sources américaines, fini par reconnaître que ces contacts avaient fait l'objet de rapports écrits. Et sous la pression américaine, la France aurait assuré à son allié qu'Hervé Gourmelon serait traduit en cour martiale. Il n'en fut rien et le militaire a échappé à toute sanction. Les Américains ont donc eu le sentiment d'avoir été dupés une nouvelle fois.





26/08/2009
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